Vinokourov, casseur de rêves
Depuis vendredi soir, les supporters de Philippe Gilbert faisaient la fête dans la Redoute. Ce dimanche après-midi avait commencé calmement: quelques bières et le début du direct TV de “la Doyenne” sur écran géant. La Redoute approchant, tout le monde vint s’aglutiner le long de l’asphalte peinte d’un mot répété à l’infini: “Phil”. Philippe Gilbert et le peloton écrasent ces inscriptions une par une. Les gens n’ont d’yeux que pour leur chouchou. Le peloton passé, il faut maintenant se hâter pour obtenir une bonne place devant l’écran géant, afin d’assister au sacre de l’enfant du pays.
Mais Vinokourov, de retour aux affaires après deux ans de suspension pour dopage a eu raison des attentes les plus folles du clan Gilbert. Son attaque placée au sommet de la Roche-aux-Faucons a donc été la bonne, seul Kolobnev pouvant prendre sa roue. Les deux hommes ont bien collaboré et c’est finalement le Kazakh qui a eu le dernier mot sur la ligne d’arrivée, à Ans. Derrière, Gilbert a tout tenté pour revenir dans la côte de Saint-Nicolas, faisant vibrer la foule massée devant l’écran.
Le Remoucastrien termine finalement 4ème, derrière Valverde et juste devant le champion du monde, Cadel Evans. Les autres favoris suivant dans un petit groupe. Jusqu’à cette attaque décisive de Vinokourov, Gilbert avait pourtant été impérial. A l’aise dans la Redoute, à l’attaque dans la Roche-aux-Faucons avec Andy Schleck, il paraissait être le plus fort. Mais il lui aura manqué un rien pour gagner (un équipier à ses côtés dans le final?).
“Ce sera pour l’an prochain!” peut-on entendre à la buvette du coin. Qu’à cela ne tienne, Gilbert aura réalisé une campagne printanière exceptionnelle, le propulsant au sommet de la hiérarchie mondiale. Il peut maintenant faire la fête, entouré de ses proches, avant de prendre sa revanche l’an prochain? C’est en tout cas ce que Remouchamps attend.


